Senin, 03 Februari 2020

Quand vous viendrez me voir aux Antipodes

Category: Livres,Romans et littérature,Livres de référence

Quand vous viendrez me voir aux Antipodes Details

Dans l'amitié et la connivence, Simon Leys et Pierre Boncenne ont, pendant plus de trente ans, correspondu et souvent pu se rencontrer. Ils parlaient à bâtons rompus sur toutes sortes de sujets : les lectures et les projets en cours, la vie littéraire et les expositions de peinture, la mer, les voyages, la Chine, l'Amérique, les puissants qui nous gouvernent et les esprits doctes, etc., partageant des citations marquantes et anecdotes amusantes. En hommage au grand sinologue et essayiste, voici sous forme d'abécédaire vagabond un florilège de ce qu'il pouvait confier en toute liberté. On passe d'une enquête sur un manuscrit de Jules Verne à des vers de Claudel ou Aragon ; de discussions passionnées avec Revel à des propos de Cioran sur la religion ; d'un roman de Coetzee ou de Vargas Llosa aux tableaux de Vuillard ou aux dessins de Daumier ; de la pêche au thon à Don Quichotte ; des mensonges du pouvoir totalitaire aux délires idéologiques de certains philosophes ; des vertus de la maladresse chez un artiste à la navigation le longs des côtes australiennes ; du caractère poétique de la langue chinoise à un éloge du cosmopolitisme. Il est question de culture littéraire et scientifique, mais aussi des poissons rouges et des délices de la retraite. Amateur de citations venues de tous les horizons, Simon Leys pouvait se référer à Xun Zi : " Parler à propos, c'est un signe de savoir. Se taire à propos est également un signe de savoir " ou encore à Leopardi : " Rions ensemble de ces couillons qui possèdent le monde ". Simon Leys, nom de plume de Pierre Ryckmans, est un écrivain, traducteur, sinologue et professeur d'université de nationalité belge, né le 28 septembre 1935 et mort le 11 août 2014 à Sydney en Australie où il était installé depuis de nombreuses années. Son ouvre porte notamment sur la politique et la culture traditionnelle en Chine, la calligraphie, la littérature française et anglaise, et la mer dans les ouvres littéraires. Il fut l'un des premiers intellectuels à dénoncer la révolution culturelle en Chine et la maolâtrie en Occident. Ses derniers ouvrages ont connu un beau succès de librairie : Le bonheur des poissons rouges (2009) et Le studio de l'inutilité (2012).

Reviews

Ce n'est pas vraiment un livre signé Simon Leys ; c'est un livre que Pierre Boncenne a composé en choisissant des extraits de lettres qu'il a reçues et soigneusement gardées. des lettres de Pierre Ryckmans, avec qui il collaborait pour des travaux d'édition (par exemple l'admirable anthologie 'La Mer dans la littérature française', laquelle n'a pas la renommée qu'elle mérite, éclipsée par des produits de la société du spectacle). Dans son introduction, Pierre Boncenne dit qu'il y avait entre eux depuis longtemps un projet de publication à partir de leur correspondance... soit, mais sur cette réalisation "Quand vous viendrez me voir aux Antipodes", Pierre Ryckmans n'a pas eu son mot à dire (il est mort en 2014) et n'a pas pu signer Simon Leys. En lisant cette publication d'extraits choisis par quelqu'un d'autre que lui on s'aperçoit d'ailleurs à quel point il était justement un écrivain, bien plus qu'un érudit multipliant les citations et les références : ce qui manque cruellement ici c'est l'art de la composition caractéristique de Simon Leys ! Comment dans chacun de ses articles, mine de rien et souvent avec une désinvolture et un anti-académisme manifeste, il réussissait à développer une pensée (originale et profondément réfléchie) à laquelle il donnait la consistance fluide, lègère et souriante , le ton d'une conversation amicale. C'est cette élaboration élégante poursuivie tout au long d'un texte dans son ensemble qui fait défaut avec cette présentation sous la forme des cent cinquante copier/coller arbitraires d'un abécédaire. Mais cela dit, Simon Leys avait publié "les idées des autres" sous cette forme,.. et nous sommes profondément reconnaissants à Pierre Boncenne de ne pas avoir gardé pour lui ce qu'il nous donne à lire, une fois passés cet agacement et le sentiment de frustration que provoquent des extraits : on trouve ici beaucoup de brillantes anecdotes qui ne figurent pas dans les publications de Simon Leys, et surtout beaucoup de nouveaux portraits (JF Revel et surtout René Viénet sont l'objet d'hommages argumentés, et de tristes sires tels que BHL ou Badiou reçoivent les traits brefs qu'ils méritent). Les critiques professionnels vont surtout s'attarder sur l'intérêt de Pierre Ryckmans/Simon leys pour des auteurs maudits tels que Chardonne ou Céline, mais parleront-ils de Coetzee, de Norman Malcom ou Nicolas Gomez Davila ? De plus, ce livre est agrémenté par la reproduction de quelques dessins qui confirment à leur façon la sensibilité et l'humour de leur auteur.Bref, ce livre posthume du pseudo-intellectuel Simon Leys (comme dirait notre actuelle ministre de l'Education Nationale à la Consommation) est plutôt destiné à ceux qui sont antérieurement lecteurs de Simon Leys. Il pourra donner aux primo-lecteurs l'envie de lire pour de bon des textes entièrement composés par Pierre Ryckmans sous le nom de Simon Leys. Aujourd'hui, compte tenu du contexte, j'ai envie de les pousser vers "Les Naufragés du Batavia" et "Orwell ou l'horreur de la politique"...

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