Senin, 03 Februari 2020

Je vois Satan tomber comme l'éclair (essai français)

Category: Livres,Religions et Spiritualités,Bible

Je vois Satan tomber comme l'éclair (essai français) Details

"Merci mon Père de révéler aux petits ce que vous avez dissimulé aux sages et aux intelligents." Les sages et les intelligents, depuis, se sont bien vengés : à force de concasser les Evangiles, ils en ont fait un petit tas de pièces et de morceaux trop hétéroclites pour signifier quoi que ce soit...Mais ils n'auront pas le dernier mot ! René Girard pense, comme Simone Weil, que les Evangiles sont une théorie de l'homme avant d'être une théorie de Dieu. Une carte des violences où son orgueil et son envie enferment l'humanité.Découvrir cette théorie de l'homme et l'accepter, c'est rendre vie aux grands thèmes évangéliques relatifs au mal, oubliés et évacués par les croyants - de Satan à l'apocalypse. C'est également ressusciter l'idée de la Bible tout entière comme prophétique du Christ.Ainsi les Evangiles, loin d'être "un mythe semblable à tous les autres", comme on le répète à l'envi depuis deux siècles, seraient la clef de toute mythologie derrière nous, et au-devant de nous, de l'histoire inouïe qui nous attend. Dans le dépérissement de toutes les pensées modernes, est-ce que seules les Ecritures Saintes tiendraient debout ?

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René Girard synthétise ici son ?uvre en courts chapitres. D'un abord moins rébarbatif que ses autres ouvrages phare ("Mensonge romantique et vérité romanesque", "la violence et le sacré"), il n'en reste pas moins très répétitif... Mais n'est-ce pas de cette manière que l'idée obsessionnelle de R. Girard s'imprègne dans nos esprits?Toutes les religions ont divinisé les victimes qu'elles avaient préalablement sacrifiée. Si l'adage dit que l'on a tendance à brûler ce que l'on a adoré, Girard nous prouve que l'on aime adorer ce qu'on vient de brûler! Le plus grand mérite de la religion judéo-chrétienne est de nous révéler le mensonge sur lequel les sociétés, les mythes, les cultes bâtissent leur "paix", leur solidarité. Voilà: hors judéo-christianisme, le mécanisme est toujours le suivant ; dans toute situation de crise, l'on désigne, presque machinalement, un coupable « bouc émissaire » pour mettre fin au conflit. Ce bouc émissaire, sacrifié, ramène la paix (il est alors divinisé car il a permis de souder la communauté). Or, les hommes ne savent pas longtemps vivre en paix, ils vont ainsi recommencer à se chercher des noises, notamment lors de famines, épidémies, à rejeter la faute sur l'un d'entre eux, sur un infirme de préférence, étranger, mendiant, de la même manière qu??ils l??avaient déjà fait (car ils se souviennent que la première mise à mort avait efficacement résolu les conflits). D'où l'intérêt de canaliser la violence de ce mécanisme, de le ritualiser : c'est ainsi que la religion, ou plutôt, le sacré, est née.Et ce que Girard démontre et rappelle, c??est que le christianisme vient mettre fin à ce mensonge. Jésus est l??ultime bouc émissaire. Mais pourquoi ? Parce que, systématiquement, dans les mythes, la victime est présumée coupable (pour les acteurs, les auteurs et les lecteurs) ; systématiquement dans la Bible, la victime est présumée innocente (aux yeux des auteurs et des lecteurs). Au moment de la mise à mort, on tient traditionnellement la victime pour coupable. La voici la Révolution, la vraie, l'unique: dans la mise à mort de Jésus on sait que l??on met à mort un innocent. On sait désormais (depuis le Christ donc) ce que le l??expression «bouc émissaire» veut dire : c??est un phénomène humain, néanmoins mauvais, qui consiste à accuser un innocent et le lyncher pour se disculper. Car le bouc émissaire est toujours innocent de ce dont on l??accuse.On peut évidemment s'agacer de la tonalité "patristique" des propos de René Girard. On dirait, à le lire, qu'il est le seul à deviner ce que les ?vangiles ou l'Ancien Testament a voulu dire. René Pommier s??est d'ailleurs bien amusé à le traiter d'allumé qui s'est pris pour un phare, en se plaisant à souligner ce que sa théorie avait de systématique. Il n'en reste pas moins que sa découverte est réelle.J'ai aimé relire cet ouvrage. Il m??a permis de mieux percevoir, à la réflexion, tout ce que les utopies écologistes post-apocalyptiques, futuristico-chamanistes (je pense tant aux théories politiques qu??aux jeux vidéos en vogue) ont d'absurde d'un point de vue anthropologique...

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