Category: Livres,Romans et littérature,Correspondances et mémoires
H.P. Lovecraft : Le Roman de sa vie Details
Question : comment un biographe 100 % américain s'attaque au moins américain des écrivains (à sept ans, Howard Phillips Lovecraft cite Cicéron dans le texte pour refuser de faire de la danse et s'écrie « God Save the King » quand on lui vante la révolution américaine) ? Réponse : elle tient en 700 pages d'une enquête extrêmement serrée, étayée par une multitude de témoignages inédits. Le biographe, Lyon Sprague De Camp, s'acharne longuement à expliquer qu'il faut vivre pour travailler - un superbe exemple de raisonnement yankee - et regrette que Lovecraft ne soit pas devenu un citoyen américain comme les autres. Mais il nous donne, dans cette empoignade avec son sujet, la matière d'une époustouflante biographie. Il insiste sur l'enfance (reclus, surdoué) et les rêves de Lovecraft, d'une importance capitale. Il analyse ses multiples souffrances physiques et psychologiques, notamment quand il dut quitter Providence (« Il n'y a pas d'autre endroit pour moi. Mon monde est Providence. ») Il nous présente les multiples amis qui l'ont entouré, raconte son mariage totalement étonnant, revient sur ses textes sur la mer, sur l'origine des entités avec lesquelles le créateur du Cthulhu vivra ses terreurs, sur ses sentiments les plus intimes. Indubitablement, il casse le mythe du « reclus de Providence » pour en créer un autre, plus fort, plus fascinant encore : celui d'un des plus grands écrivains du XXe siècle. Un ouvrage absolument indispensable qui dépasse le cadre du fantastique pour entrer, tout simplement, dans l'univers de la création littéraire.

Reviews
Cette biographie passionnante a paru aux Etats-Unis en 1975 et sa traduction française date de 1987 (aux éditions Néo). Passionnante en cela que les moindres faits et gestes concernant Lovecraft y sont consignés, mettant en valeur certains de ses défauts mais détruisant aussi d'anciennes légendes. Ainsi, le prétendu "reclus de Providence" était entouré d'un grand cercle d'amis avec qui il correspondait par lettres et a plutôt beaucoup voyagé tout en restant sur le sol natal. S'il ne s'adapta pas parfaitement à son époque et eut des défauts, ce sont des traits de caractère qu'il finit par combattre dans les dernières années de sa courte vie (1890-1937).? mettre en parallèle avec l'essai de Michel Houellebecq, plus récent (1998). La critique que je ferais, à propos du biographe Sprague de Camp, est qu'il s'éternise un peu trop à souligner les écrits épistolaires racistes d'H.P.L. au point d'en être redondant, et qu'à contrario il n'accorde pas assez de place à mon goût à l'étude serrée des nombreuses nouvelles lovecraftiennes, se contentant souvent de les résumer sur une page pour chacune d'elles.Mais néanmoins tout passionné de Lovecraft y trouve son compte d'anecdotes, et l'écriture de chaque nouvelle est remise en contexte temporel dans la vie de leur auteur.Enfin, le livre s'enrichit en annexes de riches bibliographies tant américaine (1975) que française (1987).


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