Minggu, 02 Februari 2020

Correspondance des routes croisées 1945-1964

Category: Livres,Romans et littérature,Correspondances et mémoires

Correspondance des routes croisées 1945-1964 Details

«La vie est tellement incandescente. Ici comme là-bas. Vieux frère je te lance un grand pont.» Ces propos de Vernet à Bouvier du 17 août 1955 traduisent l'intensité d'une relation faite de passion et de fraternité. Depuis l'âge du collège, Nicolas Bouvier (1929-1998) et Thierry Vernet (1927-1993) ont rêvé ensemble d'accords majeurs avec le monde, par le voyage et par la création. L'un devient écrivain, l'autre peintre : en mots et en images, ils diront ce que l'on ne peut connaître qu'une fois. De Cologny à Paris, de Kaboul à Colombo, de Tokyo à Genève, leur correspondance est un fil tendu entre deux vies mises en commun. Nourrie de l'expérience de la route, elle exprime aussi la beauté d'une aventure humaine, celle d'une amitié indéfectible. La Correspondance des routes croisées réunit les lettres échangées par Nicolas Bouvier et Thierry Vernet jusqu'à la parution, chez Julliard en 1964, de l'édition française de L'Usage du monde, le récit de leur traversée de l'Asie. Texte établi, annoté et présenté par Daniel Maggetti et Stéphane Pétermann

Reviews

Proust écrivait "L'amitié n'existe pas" mais il n'avait pas connu ces deux comparses de vie et de voyage qui depuis 1945 (Bouvier à 15ans Vernet 16ans) jusqu'à la publication de l'extraordinaire L'usage du monde en 1964 (Vernet à illustrer la prose de Bouvier) s'écrivent dès qu'ils sont séparés terrestrement, que cela soit de Genève à Genève de Paris à Genève de Kaboul à Colombo, de Colombo à Genève (et se sera la réalité douloureuse de Bouvier qui donnera Le poisson-scorpion 25 ans plus tard) et ainsi de suite... Plus de 1600 pages qui verra les maladies, les brillantes réussites universitaires, les premières exposition, les mariages, la vie dans une Asie encore loin de la mondialisation ; c'est un hommage extraordinaire à l'Amitié avant internet et les courriels Et lorsque l'un est un des meilleurs prosateurs du XXe siècle et l'autre un peintre reconnu cela donne des lettres vivantes, imagées, sans tabous mais avec moral (n'oublions pas qu'ils sont nés dans la calviniste Genève!) Et qui nous font voyager, énormément voyager.... Les missives sont parfois illustrées par eux-même et Bouvier n'était pas maladroit ! Je le conseille fortement.petite citation d'une lettre de Nicolas Bouvier à Thierry Vernet en février 1955 alors qu'il doit le rejoindre depuis des mois à Ceylan -depuis Kaboul, descente de l'Inde- : "Je suis navré que tout ait duré si longtemps ici, mais comme tu le sais, comme on l'a vu, le voyage impose sa propre durée."Thierry Vernet, de retour à Genève, fait une remarque -que j'aurais pu écrire après mes deux ans de voyage asiatique- dans une missive de 1955 à Nicolas Bouvier resté à Ceylan "(...)Nous vivions dans un monde d'objets inutiles. On s'est beaucoup épurés pendant ce temps. Tout le monde semble épaissi et engoncé. ?viter ça. Je crois que nous sommes devenus très purs. Dans ce pays qui regorge de biens, tout le monde se plaint et comme il ne leur manque matériellement que certains détails ils se plaignent de détails.(...)"

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